vendredi 10 novembre 2017

Samedi de la 31ème semaine du temps ordinaire : Saint Martin




Saint Martin


  Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 16,9-15.  
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.
Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est malhonnête dans la moindre chose est malhonnête aussi dans une grande.
Si donc vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête, qui vous confiera le bien véritable ?
Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance, ce qui vous revient, qui vous le donnera ?
Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »
Quand ils entendaient tout cela, les pharisiens, eux qui aimaient l’argent, tournaient Jésus en dérision.
Il leur dit alors : « Vous, vous êtes de ceux qui se font passer pour justes aux yeux des gens, mais Dieu connaît vos cœurs ; en effet, ce qui est prestigieux pour les gens est une chose abominable aux yeux de Dieu. »
© AELF

Commentaire
Dans l'Évangile de ce jour, nous entendons cet appel du Christ : "Faites-vous des amis avec l'argent malhonnête". Cet argent est dit malhonnête parce qu'il conduit souvent à pratiquer la malhonnêteté. C'est ce qui arrive quand on utilise la violence pour en avoir toujours plus. La loi de l'argent c'est de faire plus d'argent tout en protégeant les biens acquis. Quand il devient le seul but de la vie, il se creuse un fossé qui nous éloigne des autres et de Dieu.

Ce que Jésus voudrait nous dire, c'est que l'argent doit rester un moyen au service des relations humaines. La loi de Dieu c'est le partage des biens entre tous les hommes. En ce jour, nous avons le témoignage de saint Martin. Il a d’abord été un soldat de l’armée Romaine. Il avait pour mission de défendre les frontières de l’empire Romain dans la garnison d’Amiens. Un jour, aux portes de la ville, il rencontre un mendiant à demi nu dans le froid et il lui donne la moitié de son manteau. La nuit suivante, le Christ lui apparaît en songe. Il est revêtu de la cape donnée au pauvre. S’adressant aux anges qui l’entourent, il leur dit : « Voyez, Martin qui n'est pas encore baptisé, m'a revêtu de son manteau. »

À la suite de cela, notre soldat demandera le baptême et cherchera à quitter l'armée Romaine dès que possible. C'est ainsi que Martin est entré dans l'Église par la porte de la charité. C'est là un chemin toujours ouvert pour notre monde d'aujourd'hui. L'appel des plus pauvres est toujours bien présent, surtout avec l'arrivée de l'hiver. Ils sont nombreux ceux qui sont sensibles à cet appel et qui agissent pour les pauvres et surtout avec eux. Le chemin de la charité a toujours été un chemin privilégié vers Dieu. Beaucoup ne le savent pas mais ce qu'ils font pour les plus pauvres, c'est aussi à Jésus qu'ils le font. Il est présent dans tous les gestes de partage et de solidarité des hommes et femmes de bonne volonté.

Devenu évêque malgré lui, Martin poursuit sa recherche d'intimité avec le Christ. En ces années-là, la plupart des villes étaient évangélisées, mais les paysans restaient à l'écart. Ils étaient soumis au culte des idoles et à la peur des forces de la nature. Martin et ses frères vont combattre les faux dieux et jeter les bases de petites communautés qui deviendront les premières paroisses rurales.

Aujourd'hui, les idoles ont pris d'autres formes : c'est surtout l'argent roi qui génère les injustices, les violences, l'exclusion. De nombreux pays continuent à se faire la guerre et les plus pauvres en sont les premières victimes. Il reste beaucoup à faire pour la construction d'un monde plus juste et plus fraternel, un monde de paix. Cette paix doit commencer chez nous. Il s'agit de mettre un meilleur esprit, créer des relations plus justes dans nos familles, nos villages, dans nos relations de tous les jours, c’est notre mission, notre responsabilité.

Sauver la paix est un labeur de tous les instants. Quelques paroles suffisent pour saccager les situations de paix. Tout l’évangile nous dit que nous sommes appelés à vivre ensemble comme des frères, à faire le premier pas vers les autres chaque fois que c’est nécessaire. C’est à l’amour que nous aurons eu les uns pour les autres que nous serons reconnus comme disciples du Christ.

Au cours de l'Eucharistie, nous nous tournons vers celui qui a donné sa vie pour nous réconcilier avec Dieu et avec nos frères. Il nous fait entrer dans sa victoire sur la mort et le péché.  Nous lui confions notre monde qui continue à souffrir des guerres, du terrorisme et des violences de toutes sortes. Que le témoignage de "saint Martin du partage" vienne éclairer nos chemins.

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