jeudi 16 août 2018

Vendredi de la 19ème semaine du temps ordinaire (17 août)



"La sclérose du cœur"


 


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (19, 3-12)

Des pharisiens s’approchèrent de Jésus pour le mettre à l’épreuve; ils lui demandèrent: «Est-il permis de renvoyer sa femme pour n’importe quel motif?»
Il répondit: «N’avez-vous pas lu l’Écriture? Au commencement, le Créateur les fit homme et femme, et il leur dit: “Voilà pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un.” À cause de cela, ils ne sont plus deux, mais un seul. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas!»
Les pharisiens lui répliquent: «Pourquoi donc Moïse a-t-il prescrit la remise d’un acte de divorce avant la séparation?» Jésus leur répond: «C’est en raison de votre endurcissement que Moïse vous a concédé de renvoyer vos femmes. Mais au commencement, il n’en était pas ainsi. Or je vous le dis: si quelqu’un renvoie sa femme, – sauf en cas d’union illégitime – pour en épouser une autre, il est adultère.»
Ses disciples lui disent: «Si telle est la situation de l’homme par rapport à sa femme, il n’y a pas intérêt à se marier.» Il leur répondit: «Ce n’est pas tout le monde qui peut comprendre cette parole, mais ceux à qui Dieu l’a révélée. Il y a des gens qui ne se marient pas car, de naissance, ils en sont incapables; il y en a qui ne peuvent pas se marier car ils ont été mutilés par les hommes; il y en a qui ont choisi de ne pas se marier à cause du Royaume des cieux. Celui qui peut comprendre, qu’il comprenne!
©AELF


Méditation
L'Évangile nous parle du grand projet d'amour fidèle et heureux voulu par Dieu depuis toujours. La question posée à Jésus par les chefs religieux a de quoi nous surprendre : "Est-il permis de renvoyer sa femme pour n'importe quel motif ?" Le simple fait de poser la question témoigne de la dureté de leur cœur. La Bible parle de la "sclérose du cœur". Vivre un si grand amour pour en arriver là ce n'est pas possible.

Mais le but de Jésus n'est pas de faire une simple leçon de morale. Il a quelque chose de bien plus important à nous dire. Il veut nous ramener à ce qui a été voulu par Dieu depuis les origines : "N'avez-vous pas lu les Écritures ? Au commencement, il les fit homme et femme. Voilà pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme, il s'attachera à sa femme et tous deux ne feront plus qu'un. Donc ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas."

Créé à l'image de Dieu, le couple doit être l'icône de Dieu. Cet amour vécu à l'intérieur du couple nous parle de Dieu, un Dieu qui accueille, qui écoute, qui se donne et qui va jusqu'au pardon. C'est très beau car ça montre que le mariage existait avant le péché de l'homme. Il demeure une bénédiction que le péché n'a pas abolie. Très abîmé par le péché originel, il retrouve tout son sens en Jésus. En voyant des époux vraiment unis, qui vivent le partage, qui se donnent et qui s'aiment jusqu'au pardon, le monde découvrira quelque chose de l'amour qui est en Dieu. La rancune, la colère, la violence sont un contre-témoignage qui nous dit le contraire de Dieu.

C'est important pour nous : personne ne pourra croire à l'amour de Dieu si nous restons enfermés dans notre égoïsme et notre indifférence. À ce moment-là, nous donnons une mauvaise image de Dieu. Ce n'est que par nos gestes de justice et de solidarité que notre témoignage sera crédible. Ce qui peut éclairer le monde c'est notre charité, c'est le témoignage de notre amour mutuel.

C'est de cela que les époux ont à témoigner tout au long de votre vie. Nous vivons dans un monde où priment les valeurs de rendement, de compétition et d'utilitarisme. Il est bon de se rappeler que l'amour humain est un don merveilleux de Dieu. Il serait donc le dernier des derniers celui qui chercherait à séparer ce que Dieu a uni.

mercredi 15 août 2018

Jeudi de la 19ème semaine du Temps ordinaire (16 août 2018)





Une dette démesurée

70 fois sept fois



Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 18, 21 – 19, 1

    En ce temps-là,
    Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander :
« Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi,
combien de fois dois-je lui pardonner ?
Jusqu’à sept fois ? »
    Jésus lui répondit :
« Je ne te dis pas jusqu’à sept fois,
mais jusqu’à 70 fois sept fois.
    Ainsi, le royaume des Cieux est comparable
à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
    Il commençait,
quand on lui amena quelqu’un
qui lui devait dix mille talents
(c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent).
    Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser,
le maître ordonna de le vendre,
avec sa femme, ses enfants et tous ses biens,
en remboursement de sa dette.
    Alors, tombant à ses pieds,
le serviteur demeurait prosterné et disait :
“Prends patience envers moi,
et je te rembourserai tout.”
    Saisi de compassion, le maître de ce serviteur
le laissa partir et lui remit sa dette.

    Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons
qui lui devait cent pièces d’argent.
Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant :
“Rembourse ta dette !”
     Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait :
“Prends patience envers moi,
et je te rembourserai.”
    Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison
jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait.
    Ses compagnons, voyant cela,
furent profondément attristés
et allèrent raconter à leur maître
tout ce qui s’était passé.
    Alors celui-ci le fit appeler et lui dit :
“Serviteur mauvais !
je t’avais remis toute cette dette
parce que tu m’avais supplié.
    Ne devais-tu pas, à ton tour,
avoir pitié de ton compagnon,
comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?”
     Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux
jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.

C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera,
si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »

Lorsque Jésus eut terminé ce discours,
il s’éloigna de la Galilée
et se rendit dans le territoire de la Judée, au-delà du Jourdain.


Méditation
"Lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ?" Un de mes amis disait : "Une fois, ça passe, deux fois ça lasse, trois fois, ça casse". Et il ajoutait qu'avec Dieu, ça ne casse jamais.

 Pour nous faire comprendre cela, Jésus nous parle d'un serviteur qui doit à son roi une somme démesurée. Dix mille talents, cela représentait soixante millions de pièces d'argent. Ce chiffre exorbitant veut souligner l'importance de la remise de la dette. Cette histoire dépasse le raisonnable. Elle nous dit que devant Dieu, nous sommes tous des serviteurs insolvables. Notre péché représente un lourd passif. Que pourrions-nous faire pour être quittes ? Mais Dieu n'est pas un banquier qui exige le remboursement de la dette et des intérêts. Quand nous le supplions, il nous libère au nom de l'amour qu'il nous porte.

La démesure de la dette annulée et la folle générosité du maître ne sont qu'une image notre situation par rapport à Dieu. En raison de notre péché, nous sommes devenus des débiteurs insolvables. Et pourtant, Dieu nous fait grâce. Il est le "pardonneur". Ce mot n'existe pas dans le dictionnaire, mais il définit bien ce qu'est Dieu. "Nos péchés les plus graves, disait le curé d'Ars, ne sont qu'un grain de sable face à la montagne de miséricorde du Seigneur." Dieu pardonne infiniment. Il n'en finit pas de pardonner. Ce qu’il nous demande aujourd’hui, il l’a vécu jusqu’au bout.

Si le Seigneur se comporte ainsi à l'égard des hommes, comment peuvent-ils refuser de pardonner ? Encore une fois, cela reste difficile et douloureux. Mais l'exemple venu d'en haut peut nous aider et nous stimuler. Ce pardon donné et reçu c’est quelque chose d’extraordinaire. Celui qui le reçoit commence à "revivre" par la force de ce pardon. Malheureusement, trop de gens restent fâchés jusqu’à la mort. On enferme l’autre dans son passé et on ne lui laisse aucune chance de faire un geste de paix.

L'offense d'un frère nous fait mal. Mais elle est bien peu de choses à côté de nos péchés et de nos manques envers Dieu. Cent euros que me doit mon frère, c'est insignifiant par rapport aux soixante millions que je dois. La fin de cette parabole semble contredire ce qui est dit sur le pardon sans limite du Seigneur. En fait ce n’est pas Dieu qui refuse de pardonner. C’est l’homme au cœur dur qui devient imperméable au pardon de Dieu.

Par le sacrement de la réconciliation, Dieu est là pour nous renouveler dans la grâce du baptême. Nous retrouvons notre place d'enfants de Dieu. Par-delà le péché, Dieu nous redit sa tendresse. Son pardon nous donne un cœur nouveau et nous réapprend à aimer. Le Christ ressuscité dépose en nous son Esprit qui nous restaure dans la fraternité. En ce jour, Seigneur, nous te confions notre désir de pardon. Par ton Eucharistie, viens en aide à notre fragilité. Donne-nous force et courage pour aimer comme toi et pardonner comme toi. Amen

lundi 13 août 2018

Mardi de la 19ème semaine du Temps ordinaire (14 aout)





Jésus berger de toute humanité…







 Méditation
"Qui est le plus grand dans le Royaume des cieux ?" Cette question est posée par des disciples qui se prennent très au sérieux. Ils sont très attachés aux préséances à respecter. La réponse de Jésus n'est pas celle qu'ils avaient prévue. Il appelle un gosse de la rue et le jette au milieu de ces grandes personnes. Et il leur dit que s'ils ne deviennent pas comme des enfants, ils n'entreront pas dans son Royaume.

Cet Évangile nous invite donc à changer notre regard sur les enfants. Ils ont la première place dans le cœur de Dieu. Qui touche à un enfant touche à Jésus. Chacun doit être respecté, surtout les plus faibles. À travers eux, c'est Jésus qui est là.

Cet Évangile nous invite également à changer notre regard sur la "brebis perdue". Nous vivons dans une société qui accuse et qui enfonce ceux qui ont fauté. Elle oublie que le Christ est venu dans le monde pour "chercher et sauver ceux qui étaient perdus". C'est pour eux qu'il a  donné sa vie sur une croix. Alors, qui sommes-nous pour condamner ?